Pratique
01/04/2019

Des chantiers propres et sécurisés

Assurer la sécurité des riverains et des ouvriers tout en préservant l'environnement. Telles sont les priorités dans l'organisation des chantiers.

Afin d’assurer à chacun la sécurité requise aux abords des chantiers, le premier impératif réside dans la mise en place d’un dispositif de barrières fiables et visibles de nature à protéger les riverains. Une obligation d’ailleurs bien entendue par les fabricants qui rivalisent aujourd’hui d’imagination pour proposer de nouveaux dispositifs alliant légèreté et adaptabilité. Qu’il s’agisse de séparer piétons et véhicules, de guider les usagers ou encore d’informer les passants d’éventuels dangers, la gamme des barrières de sécurité ne cesse de s’élargir pour des coûts devenus très accessibles. Si la traditionnelle barrière métallique «Vauban » reste encore la plus répandue dans nos communes, d’autres modèles plus visibles et tout aussi ergonomiques sont apparus sur le marché. À l’instar des modèles «lestables » de couleurs vives, réalisés en plastique creux afin de pouvoir accueillir de l’eau ou du sable, facilitant ainsi leur manutention lors de l’installation. Occupant plus de volume et plus lourdes à assembler, les grilles constituent, pour leur part, un choix pertinent si l’on souhaite aménager des zones de stockage sécurisées. Généralement assemblées sur socle (réalisé en béton ou en plastique dur), ces grilles peuvent être simplement fermées à l’aide de cadenas, voire de dispositifs de sécurité intégrés. Colliers de liaison et jambes de force pourront utilement venir renforcer l’installation si besoin. 
Pour les chantiers de moindre importance et de courte durée, privilégier les modèles de barrières pliantes. Mise en place rapide, gain de place pour le stockage et poids léger constituent leurs principaux atouts. Ne pas négliger non plus la protection des câbles d’alimentation électrique et des tuyaux. La plupart des modèles sont aujourd’hui proposés sous forme amovible, emboîtable et antidérapante, assurant une protection des passages intensifs de véhicules et engins jusqu’à 5 tonnes. Se poser aussi la question de l’opportunité de l’achat lorsque la location est possible. Si, à l’échelle d’une ville ou d’une intercommunalité, l’acquisition de tels matériels peut rapidement se révéler financièrement intéressante au regard de l’importance des travaux à réaliser, tel ne sera pas obligatoirement le cas dans une commune rurale où la location pourra alors être avantageusement préconisée. 

Protections de rigueur
C’est surtout du côté des équipements de protection individuelle (EPI) que l’on observe le plus d’innovations. Aux côtés des traditionnels casques et chaussures de protection, viennent aujourd’hui prendre place de nouveaux modèles de protections antibruit, voire de ventilation assistée pour les chantiers d’envergure. En matière de chaussures de sécurité, légèreté et solidité parviennent désormais à allier confort et isolation thermique. Un domaine dans lequel les normes sont omniprésentes, à commencer par les prescriptions édictées par la norme EN ISO 20345. En pratique, celle-ci distingue la norme «S1 » (sécurité de base pour les travaux intérieurs : embout de protection et résistance aux huiles et hydrocarbures notamment), la norme 
« S1P » (norme S1 exigeant en plus une semelle anti-perforation), la norme «S2 » (imperméabilité pour les travaux intérieurs comme extérieurs) ou encore la norme «S3 » (répondant à toutes les exigences précédentes auxquelles s’ajoute une semelle anti-perforation). S’agissant des casques antibruit, les modèles les plus récents sont équipés du dispositif bluetooth. Cette technologie bien utile permet en pratique au porteur du casque de pouvoir communiquer avec ses collègues via leur smartphone, par l’intermédiaire d’un micro monté sur tige, mais aussi de recevoir des instructions. Le tout sans être contraint de retirer son couvre-chef ! Pour les chantiers les plus délicats (opérations de désamiantage par exemple), des dispositifs de protection respiratoire, voire de ventilation assistée, peuvent se révéler indispensables. L’encapsulage des mécanismes motorisés assure l’étanchéité nécessaire tandis que les batteries, de plus en plus légères, proposent aujourd’hui jusqu’à 9 heures d’autonomie en toute sécurité.

Déchets en sacs
Concernant l’aspect environnemental enfin, on évalue à l’heure actuelle à environ 40 millions de tonnes les déchets produits chaque année par le secteur du bâtiment. Parmi eux, 90 % proviennent des travaux de déconstruction et de réhabilitation. La loi de transition énergétique du 17 août 2015 a fixé comme objectif de recycler 70 % des déchets du BTP à l’horizon 2020. Autant dire que la première étape de traitement des déchets de chantier passe sans nul doute par un tri efficace à la source. Parmi les équipements plébiscités par les maîtres d’œuvre et les entrepreneurs, c’est sans conteste au «big bag » que revient en ce domaine la palme de l’efficacité. 
La plupart des modèles offrent une capacité d’un mètre cube et d’une tonne et demie (soit 1 500 kg de gravats par exemple). Attention cependant à ne pas tenter de dépasser le poids maximum prescrit, faute de quoi l’économie escomptée ne serait pas réalisée ! De nouvelles entreprises proposent aujourd’hui d’associer la vente de ces sacs à leur collecte et d’en assurer le retrait sur place par camion pour les acheminer jusqu’au centre de traitement. De quoi s’assurer d’une évacuation progressive des gravats tout en réduisant la manutention. Une solution parfois même proposée par certaines intercommunalités pour les chantiers des particuliers. À l’instar de la communauté de communes du Val de l’Oise (Aisne, 16 740 habitants) qui organise chaque mois la collecte des déchets d’amiante à domicile, puis direction la déchetterie. L’affaire est dans le sac !

Pour en savoir +  
Sur son site internet, la Fédération française du bâtiment (FFB) propose un guide pratique ­gratuit intitulé « Déchets de chantier, les réponses aux questions que vous vous posez ».
À télécharger sur www.ffbatiment.fr (rubrique Médiathèque puis Publications).
Christophe ROBERT
n°367 - Avril 2019