« Fursac est une commune nouvelle issue de la réunion, au 1er janvier 2017, de Saint-Étienne-de-Fursac et Saint-Pierre-de-Fursac. Mais surtout, c’est un bourg qui flirte avec les 1 500 habitants. Quand je deviens maire, en 2020, je me dis, premièrement, que les chiffres ne plaident pas en notre faveur car, comme beaucoup de communes en Creuse, on se “vide de notre sang”, peu à peu.
Deuxièmement, si je suis à la mairie, ce n’est pas pour avoir un solde naturel démoralisant, fermer des classes et ouvrir des tombes. Donc, je me dis que tôt ou tard, je ferai “quelque chose” pour notre démographie. Pour avoir travaillé dans la presse locale, je sais qu’il va falloir être inventif car la plupart de nos communes sont à la même enseigne. »
« Un jour j’ai l’idée : vendre des terrains communaux à bas prix, à 1 euro le mètre carré, car c’est le terrain qui coûte – pour attirer des habitants. Je n’en ai pas d’autre, elle me vient comme ça et nous sommes en mars 2023. Et là, cela va vite. Le conseil municipal me suit, nous communiquons, cela part dans tous les sens : BFM TV (à 6h00 du matin en direct !), les journaux locaux, Le Figaro… relaient l’information.
En juillet, nous menons les premières visites. C’est un succès. Deux conseillers municipaux traitent les demandes, c’est visite sur visite ! Les parcelles les plus proches du bourg se vendent vite, il y en a huit. Celles, plus champêtres, en lotissement aussi, trouvent preneurs ensuite – elles sont six. Aujourd’hui, nous visons d’en proposer encore trois, occupées par un agriculteur. Nous lui laissons le temps, nous verrons au terme de son bail. »
« Fin 2023, j’ai un coup de chaud, il y a de l’inflation, les prix de l’énergie et ceux du bâtiment et des travaux publics flambent, les acheteurs peinent à construire. Ils ne trouvent pas de banque, les taux des prêts sont dissuasifs. Je vis six mois de malaise, je dors mal ! Et voilà que depuis sept-huit mois, les permis de construire arrivent en mairie, les financements sont plus souples, ouf !
Alors, bien sûr, cela a un coût. Des parcelles que nous valorisions 14 euros le mètre carré, ramenées à 1 euro le mètre carré, créent un déficit de budget général. Mais que voulez-vous ? C’est un investissement. Rien ne vaut la vie et cet afflux d’habitants – à terme, je compte cinq personnes par parcelle – qu’il va rapporter à l’école, à nos commerces et entreprises. Je crois tellement au dispositif, d’ailleurs, que l’an dernier, nous avons encore acquis 1,5 hectare de réserve foncière. »