L'actu
11/02/2026
Décentralisation Élections Finances Petite enfance

Municipales 2026 : l'APVF propose aux élus un "Manifeste" pour baliser le prochain mandat

L'Association des petites villes de France a présenté, le 11 février, des "préconisations" pour donner un "repère et une boussole" aux futures équipes municipales. L'occasion aussi pour l'association de déplorer les efforts financiers demandés par l'Etat aux collectivités, et de rappeler ses attentes dans le cadre du nouvel acte de décentralisation que le chef du gouvernement veut engager.

Antoine Homé, maire de Wittenheim (68) et premier vice-président de l'APVF, Christophe Bouillon, président de l'APVF, et Daniel Cornalba, maire de L'Étang-la-Ville (78), le 11 février 2026, à Paris.
&span style="font-size:11pt">« Le prochain mandat municipal sera au cœur des transitions et des urgences face à deux défis majeurs : la transition écologique et la transition démographique », a affirmé Christophe Bouillon, président de l’Association des petites villes de France (APVF), le 11 février, à l’occasion de la présentation d’un « Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes 2026-2032 ». À l’approche des élections municipales, ce document propose aux maires « une ligne d’action pour la prochaine mandature » et se veut « dans un contexte national incertain (…), un repère et une boussole pour les futures équipes municipales » sans pour autant se substituer au débat démocratique local ou constituer un « programme électoral », souligne le maire de Barentin (76).
 

Le rôle des petites villes dans le " réarmement économique, social et démocratique " du pays

Développer les politiques de prévention sanitaire, lutter contre l’habitat indigne, agir contre l’isolement et la solitude des personnes âgées, réduire la fracture dans les usages du numérique, développer la mobilité, prioriser la rénovation thermique des bâtiments, inclure les personnes en situation de handicap, mutualiser les polices municipales en privilégiant la sécurité de proximité, requalifier les friches pour favoriser la construction de logements , la réindustrialisation et la redynamisation des centres-villes…, le « Manifeste » comporte de nombreuses « préconisations » assises sur une certitude : « le rôle essentiel des petites villes [2500-25 000 habitants], qui regroupent 26 millions de Français, dans le réarmement économique, social et démocratique du pays, affirme Christophe Bouillon. Dans un monde perçu actuellement comme malveillant, les habitants aspirent à une ville refuge et bienveillante. » 
 

La guerre des nerfs sur les finances locales

Problème, le futur mandat s’engage dans un contexte financier et institutionnel plus qu’incertain pour les nouvelles équipes municipales. « L’argent est le nerf de la guerre mais actuellement, c’est la guerre des nerfs [entre l’Etat et les collectivités] sur les finances locales », a résumé le président de l’APVF. Antoine Homé, maire de Wittenheim (68) et 1er vice-président de l’APVF, a tiré à boulet rouge sur les efforts demandés par l’État aux collectivités dans le cadre de la future loi de finances pour 2026 « dont le total s’élève à 2,8 milliards d’euros » auxquels s’ajoute notamment « la hausse de la cotisation des employeurs publics à la CNRACL, le gel de la dotation globale de fonctionnement (DGF) qui ne sera pas indexée sur l’inflation, et le coût des normes ».

Les élus ont aussi déploré la baisse du fonds vert depuis plusieurs années « qui constitue un très mauvais signal pour la transition écologique et démobilise les élus dans leurs efforts ». L’APVF demande à l’exécutif de s’engager sur « des financements pluriannuels permettant de soutenir les investissements des collectivités sur la durée de la mandature car, actuellement, c’est le saut dans l’inconnu pour les futures équipes municipales », a souligné Christophe Bouillon.  
 

Les préalables à un nouvel acte de décentralisation

Sur le plan institutionnel, la volonté du Premier ministre d’engager un nouvel acte de décentralisation (lire Maire info du 9 février) interroge les élus dans un contexte où « beaucoup de maires de petites villes ont le sentiment que l’État veut les supprimer, a souligné Christophe Bouillon. Or l’État ne peut pas faire l’impasse sur les petites villes et doit au contraire nous faire confiance car nous sommes essentiels et nous l’avons montré à de multiples reprises lors de la crise des gilets jaunes et de la gestion du Covid-19. » 

« Si le projet de décentralisation consiste à transférer des compétences aux collectivités sans les moyens, nous disons " non " », a résumé Daniel Cornalba, maire de L’Étang-la-Ville (78), en évoquant la prise en charge par les élus du service public de la petite enfance (SPPE) depuis un an « que l’État reconnaît n’avoir compensé qu’à 50 % de son coût pour les communes et EPCI ».

Pour l’APVF, le nouvel acte de décentralisation doit en priorité «clarifier les compétences entre les niveaux de collectivités et l’État, notamment dans les domaines de la santé et logement », simplifier l’action publique et « s’accompagner d’un État fort dans les territoires, d’une déconcentration autour du préfet de département », a expliqué Daniel Cornalba.    

Par Xavier Brivet
n° -