« Il y a deux ans, nous avons changé de fusil d’épaule car nous étions confrontés à des problèmes d’approvisionnement. Nos maraîchers en bio, extérieurs à la commune, fermaient boutique. Ils préféraient vendre sur les marchés ou nous contactaient uniquement lorsqu’ils avaient des surplus. Il fallait rendre plus régulier l’approvisionnement de la cantine. L’idée est alors de monter un potager municipal bio », explique l’élu.
Le maire confie le dossier à sa première adjointe, Aline Guyonnaud, dont l’investissement dans ce domaine ne s’est jamais démenti au fil des années. La commune prend conseil auprès de l’association nationale «Un plus bio », spécialisée dans le développement du bio dans les cantines, acquiert en 2023 un terrain de 1 800 m2 bénéficiant de l’irrigation, installe l’année suivante une serre et embauche un maraîcher municipal, Johann Donnat. Lequel est en contact régulier avec les enfants de l’école pour leur expliquer les différentes étapes de son travail, de la pépinière à la terre.
La commune finance le projet en bénéficiant des fonds du programme européen Leader (12 000 euros) après le montage de son dossier par le groupement d’action locale des Cévennes au Rhône. Elle bénéficie d’un soutien de l’association Terre de Liens et de la fondation Léa Nature (10 000 euros) après avoir répondu à un appel à projets. Elle dégage pour sa part un budget de 10 000 euros en investissement et de 5 000 euros en fonctionnement.
Tomates, pommes de terre, laitues, aubergines, concombres, oignons, carottes… se mettent à pousser et la production atteint 2,5 tonnes en 2025. «Ce n’est qu’un début car notre potager municipal se développe étape par étape. Nous espérons atteindre par la suite l’autonomie maraîchère », confie Édouard Chaulet. Barjac songe à adhérer au réseau national des fermes publiques (lire ci-dessous) pour partager les bonnes pratiques.
Quelques évolutions sont prévues en 2026 : présence d’une seconde serre, plantation de petits arbustes fruitiers (muriers, framboisiers…). Maire de Barjac depuis trente-cinq ans, Édouard Chaulet sait que sa commune ne pourra pas gérer toute la filière alimentaire de A à Z, notamment les volailles et les autres viandes, en raison de normes en vigueur particulièrement drastiques. La commune a abandonné l’idée de créer un poulailler municipal et continue de s’approvisionner auprès d’un abattoir (filière bio) situé en Lozère.
Reste le problème de la conservation des fruits et légumes qu’Édouard Chaulet et Aline Guyonnaud entendent solutionner «en agrandissant la chambre froide de notre cuisine centrale et en en acquérant une pour notre local technique ». Le recours au bio a un prix. «Un repas revient à 9,09 euros, il est facturé 2,50 euros par enfant, les 6,59 euros de différence sont pris en charge par la municipalité, soit, en 2024, la somme de 120 202 euros », précise Aline Guyonnaud.