Des épisodes dont ont témoigné plusieurs élus devant la commissaire, «synonymes de beaucoup de détresse dans nos territoires », a souligné François Decoster.
L’avis du CdR insiste sur la nécessité de renforcer les systèmes de surveillance et d’alerte de l’UE, et plaide pour un soutien financier et technique ciblé sur les communes de plus petite taille «afin de combler les lacunes (...) notamment en ce qui concerne la préparation, l’alerte précoce au niveau local et la prise de décision ». Les élus demandent un soutien de l’Union européenne (UE) s’agissant de solutions numériques pour améliorer la surveillance de l’eau ou les capacités de réaction en cas de phénomène de contamination par les PFAS (« polluants éternels »), nitrates, pesticides et autres polluants.
Des demandes que la commissaire européenne dit «comprendre » sans pour autant s’engager face aux élus. La Commission européenne rejoint cependant le CdR en considérant qu’un soutien fort de la politique de cohésion post-2027 doit pouvoir être apporté aux mesures envisagées dans la stratégie sur l’eau. Elle invite les États membres et les régions à aborder ces questions dans le cadre des futurs accords de partenariats nationaux et régionaux (lire notre article).
En plénière, Huguette Zeller, conseillère régionale du Grand Est, a également insisté sur la nécessité de passer à la vitesse supérieure en matière de lutte contre les fuites d’eau – ce que l’avis du CdR reconnaît comme étant «essentiel » tout en soulignant les coûts élevés de l’action. «Aujourd’hui en France, 20 % de l’eau acheminée est perdue en raison de fuites sur les réseaux. Leur rénovation devrait donc être une priorité soutenue par l’UE. Les collectivités qui gèrent ces réseaux doivent impérativement passer à l’action », a exhorté l’élue régionale.
Une priorité partagée par la Commission européenne qui annonce son intention de fixer un seuil maximal de fuites d’eau dans l’UE, d’ici à 2028. Les États membres dont les niveaux dépassent ce seuil devront présenter des plans d’action pour les réduire.
La Commission européenne et le CdR prônent aussi la subsidiarité pour la gestion de l’eau. «Je suis pleinement consciente qu’il n’y a pas de solution unique », a déclaré Jessika Roswall. Dans son avis, le CdR propose de créer une «plateforme européenne pour la résilience dans le domaine de l’eau », gérée conjointement par la Commission européenne, le CdR et le Comité économique et social européen. Elle permettrait aux collectivités de faire entendre leurs voix sur la mise en œuvre de la stratégie et d’échanger les bonnes pratiques.