L’initiative, soutenue par l’État depuis 2019, vise à renforcer le soutien et la réussite scolaire et professionnelle des jeunes (de 0 à 25 ans) dans les quartiers prioritaires de la ville (QPV). Elle concerne désormais trois fois plus de bénéficiaires dans la commune, passant de 1 548 élèves (trois groupes scolaires et un collège) à près de 4 400 élèves (huit groupes scolaires et trois collèges). Clin d’œil de l’histoire, la cité a atteint la dimension qui lui avait valu d’être recalée en 2021 de la liste des premières cités labellisées.
Le projet avait été jugé trop ambitieux, se rappelle Aurélien Socha, directeur du pôle éducation de la ville. «Nous avons consacré nos efforts sur un seul territoire et nous avons fait ensuite preuve de maturité », saluait, début mars, Martine Madelaine, adjointe au maire en charge notamment des questions éducatives.
La ville pilote la cité éducative avec l’Éducation nationale et la préfecture. Trois coordinateurs (le chef de projet de la ville, Franck Bascou, et ses deux collègues de l’Éducation nationale) partagent le même bureau au pied d’un immeuble du Mireuil, aux côtés d’autres collègues du programme de réussite éducative de la commune. Le délégué du préfet y est régulièrement présent. Les coordinateurs travaillent en concertation avec un comité de pilotage associant les trois partenaires, auxquels s’ajoutent désormais la caisse d’allocations familiales, le département, l’agence régionale de santé, la caisse primaire d’assurance maladie et l’agglomération.
Une programmation annuelle complétée d’une gestion en continu. « Quand un collectif d’acteurs propose un projet, il peut le soutenir devant les coordinateurs qui le présenteront au comité de pilotage pour validation. Le tout, en trois semaines maximum », assure Aurélien Socha. « La cité, ce n’est pas un guichet où chacun vient chercher une subvention pour faire venir une troupe ou aller à un spectacle. Ce que l’on recherche, c’est de la co-construction de projet, que les écoles s’engagent dans des parcours artistiques, que les acteurs – écoles, artistes, etc. – travaillent en synergie, que les projets créent des alliances entre les quartiers, etc. », explique le coordinateur pour l’Éducation nationale, Rachid Bachiri. Un comité des écoles a été mis en place pour gagner du temps dans l’échange d’information entre les acteurs.
Le rôle des coordinateurs est « d’avoir une vision à 360 degrés pour mettre en cohérence » ces idées. Par exemple, en aidant à construire un parcours sur l’éducation aux médias « car on avait constaté plusieurs projets remontant sur cette même thématique », cite Franck Bascou.
Juin 2028 marquera la fin du financement par l’État des cités éducatives (lire ci-contre). La date est dans toutes les têtes. Mais personne ne souhaite en parler. «On est motivé par une sorte d’urgence. Tous les acteurs ont des projets auxquels ils ont pensé en réponse à des constats mais sans avoir jamais eu les moyens de les réaliser. Là, nous les avons. La force d’un label comme celui de la cité, c’est qu’il donne les moyens d’expérimenter. Et, si cela ne marche pas, ce n’est pas grave, on tente autre chose », souligne Aurélien Socha.
Cela a fonctionné par exemple avec l’expérimentation d’un «répit parental » proposé à des familles en difficulté. Le projet est aujourd’hui repris par la CAF. La création d’un comité des parents dans chaque quartier est en cours de réflexion «pour faciliter l’émergence d’associations de parents d’élèves, moins dynamiques dans ces quartiers ».