« En 2025, près de 190 constructions ont été sévèrement endommagées ou détruites (…). (…) Les analyses menées après les incendies montrent que 90 % des maisons détruites lors des feux de forêt se trouvent sur des terrains non débroussaillés ou mal entretenus », a pointé le gouvernement, début janvier, lors du lancement de sa campagne nationale sur les OLD.
L’an dernier, l’OLD a été étendue de 43 à 48 départements et concerne désormais près de 7 400 communes (arrêté du 20 mai 2025, JO du 31/05).
Dans le Morbihan, Saint-Philibert (6 200 habitants) figure sur la liste. La commune garde en mémoire deux incendies successifs survenus en haute saison touristique, en 2022. Landes sèches, bois de résineux, forte déprise agricole, l’écosystème local s’est révélé sensible au feu. Responsable du contrôle du respect de la règlementation relative aux OLD (lire notre article), la commune a recruté, en 2024, un garde du littoral. « Nous avons déjà cartographié toutes les parcelles concernées, explique le garde, Gaëtan Brindejonc. Pour chaque terrain, nous connaissons les obligations de chacun. »
La mairie table d’abord sur l’information. « On expliquera avant de punir », promettait Marine Bardou, adjointe au maire, réélue en mars. La première réunion publique a été animée. « On sent les habitants réticents à entretenir à leurs frais le terrain de leur voisin quand celui-ci borde leur maison », indique l’élue. La mairie fait donc de la médiation. Car Saint-Philibert compte deux tiers de résidences secondaires. Or celles-ci sont moins fréquentées entre le 15 septembre et le 15 mars, période recommandée pour mener les travaux de débroussaillement.
Propriétaires de voies ouvertes à la circulation publique, la commune devra elle-même débroussailler les abords de quatre parkings en bord de mer. « Soit un coût de 25 000 € cette année et des travaux d’entretien tous les ans », précise Marine Bardou.
Bordée par deux massifs majoritairement résineux couvrant 40 % de sa superficie, Bohal (895 habitants) prend aussi le sujet au sérieux. Les abords du bourg et de l’école ont été « globalement » nettoyés. La communauté de communes De l’Oust à Brocéliande, dont elle est membre, a presque achevé l’état des lieux des OLD « linéaires » et « ponctuelles ». Les premières concernent les routes, les lignes électriques, les canalisations. Les secondes s’appliquent aux constructions isolées.
Mais la commune se heurte au « morcèlement de la forêt en “propriétés timbre-poste”, résume Alain de Chabannes, réélu maire en mars. Il va falloir traiter avec une multitude de propriétaires, parfois en indivision depuis des générations, domiciliés loin d’ici. »
Prévoyante, l’Association des communes forestières du Morbihan a déjà organisé deux réunions de terrain avec l’Office national des forêts (ONF), la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF), le service d’incendie et de secours (SDIS) ainsi que des entreprises de travaux pour sensibiliser les propriétaires forestiers. La commune a fait valider son propre plan de travaux par la préfecture. « Sur un sujet technique, sans matériel ni financement, il faut faire de concert avec les personnes du métier. »