Ce plan s’articule autour de cinq grands axes : la prévention fondée sur les écosystèmes et paysages résilients face aux incendies ; l’anticipation du risque ; la sensibilisation et la préparation de la population ; le renforcement de l’alerte et de la mobilisation des moyens ; la restauration environnementale post-incendie. «Le succès de la démarche dépendra des mesures prises aux niveaux national et local », insiste la Commission. Sur chacun de ces volets, la stratégie contient des recommandations à l’égard des États membres.
Au chapitre de la prévention, la Commission promeut une gestion active des forêts, souvent mise à mal par le dépeuplement des zones rurales et la déprise agricole. Conséquence : une «accumulation de végétation inflammable et la création de paysages homogènes » moins résilients. Des pratiques traditionnelles qui réduisent la quantité de végétation combustible – brûlage dirigé, pacage, transhumance – sont aussi sous-utilisées, déplore la Commission.
Bruxelles rappelle que la politique agricole commune (PAC) reste une source de financement privilégiée pour la prévention des incendies de forêt. La Commission entend donc qu’elle le reste dans la future programmation. La PAC peut ainsi soutenir des mesures de gestion forestière comme les coupes d’éclaircies, la taille, la diversification des espèces. Elle peut financer des actions de prévention et l’aménagement des infrastructures de lutte contre les incendies (pistes forestières). Elle encourage la création et l’entretien d’éléments paysagers, et elle peut intervenir sur le volet restauration après des incendies.
La stratégie met aussi en avant l’importance de la lutte contre les risques d’incendies de forêt en milieu périurbain. «Ces risques peuvent être aggravés par une prise en compte de leur potentialité dans les documents d’aménagement du territoire, d’urbanisme ou de construction », souligne la Commission.
Concernant la lutte contre l’incendie, la Commission élargit la flotte commune de lutte contre les incendies de l’UE dans le cadre du dispositif «RescEU» mutualisant les moyens de protection civile, avec l’acquisition de nouveaux avions et hélicoptères dont certains seront notamment basés en France. Des moyens supplémentaires pourraient encore être dégagés dans le futur budget pluriannuel (2028-2034).
Toujours dans le cadre de «RescEU », un mécanisme de jumelage sera mis en place, en 2027, pour renforcer les échanges d’experts en matière de gestion intégrée des risques. Le Fonds social européen (FSE) peut, lui, financer la formation et le perfectionnement des professionnels tandis que les fonds de cohésion peuvent servir à l’achat d’équipements destinés aux unités de protection civile, rappelle la Commission.