Les associations d’élus s’opposent frontalement à la consigne. Cette solution est, selon elles, contreproductive sur le plan environnemental puisqu’elle incite à l’usage du plastique, alors que tout l’enjeu est, au contraire, de réduire son usage. Elle aurait un impact sur le pouvoir d’achat car on sait d’avance qu’une partie des consommateurs ne rapportera pas les bouteilles qu’ils auront achetées plus cher. Parallèlement, de très nombreuses communes et intercommunalités ont lourdement investi pour moderniser leurs installations de tri en escomptant le retour sur investissement permis par le recyclage des bouteilles en plastique. Si celles-ci sortaient en partie du circuit, cela déséquilibrerait toute l’économie du système et pourrait avoir des conséquences financières majeures pour certaines collectivités.
Le dispositif complexifierait aussi le geste de tri aujourd’hui relativement simple (dépôt des bouteille en plastique dans le bac jaune). Reçues par le gouvernement fin mai, les associations d’élus ont réitéré leur opposition au dispositif envisagé. L’exécutif leur a promis l’ouverture d’une véritable concertation dans les prochaines semaines, sans faire de la mise en place de la consigne «un préalable, ni une condition », indiquent-elles.
Cette concertation intègrera le plan d’action en 14 points que les élus avaient proposé en 2023 «permettant à la France d’atteindre les objectifs de diminution de mise sur le marché et d’augmentation du recyclage des bouteilles en plastique, et au-delà de l’ensemble des emballages plastiques ».