« Or, en 2022, nous avons eu une réflexion politique, celle de vouloir un usage local du bois local », explique Francis Cros, alors maire et aujourd’hui conseiller municipal de La Salvetat-sur-Agout (Hérault, contact : [email protected]).
Le déclencheur de cette réflexion est l’installation d’une scierie dans cette commune, grâce au soutien de la CCHL dans le cadre du dispositif des Pôles d’excellence ruraux. Son propriétaire demandant aux collectivités de l’aider à sécuriser ses approvisionnements, Francis Cros, qui est aussi vice-président de l’association Communes forestières France, a eu l’idée d’expérimenter, à l’échelle intercommunale, le système du contrat d’approvisionnement que cette fédération promeut.
« Celui-ci permet à la collectivité de privilégier une destination pour ses bois, explique Angeline Fourchaud, chargée de mission à Communes forestières de France. C’est un enjeu fort pour toute la filière. » Alors que dans d’autres types de ventes, le bois est vendu sur pied, il est ici au contraire coupé en différents produits (bois d’œuvre ou d’industrie) et débardé avant la commercialisation. «Il est trié en fonction des qualités et vendu au prix du marché, précise Angeline Fourchaud. On lui donne ainsi une valeur ajoutée, ce qui permet de s’assurer qu’on vend le bon produit au bon prix. »
La contractualisation se fait au travers de deux documents : une convention liant la collectivité et l’Office national des forêts (ONF) – qui gère la forêt et commercialise son bois – et un contrat d’approvisionnement que l’ONF passe avec le propriétaire de chaque scierie acheteuse choisie par les élus.
Dans le cas de la communauté de communes du Haut-Languedoc, une convention territoriale – en cours de finalisation – va lier l’ensemble des communes à l’ONF. Mais, dès la fin de l’année 2022, mandaté pour cela par les élus, l’ONF a passé le contrat d’approvisionnement avec la scierie de La Salvetat-sur-Agout et lui vend chaque année du bois issu de l’une des forêts publiques du territoire de la CCHL.
« On massifie ainsi l’offre de vente et on assure la régularité des approvisionnements de la scierie, au prix du marché de l’année en cours », se félicite Francis Cros, qui assure que cette dernière reste cependant libre de s’approvisionner ailleurs. De même, les communes peuvent vendre une partie de leur bois à la scierie Siat de Brassac-sur-Agout ou à d’autres acheteurs.
Pour le territoire, les avantages sont multiples : sciage local du bois, sécurisation des quelque 6 emplois créés par la scierie, économie d’émissions de carbone du fait de trajets de livraison réduits et usage local d’une partie des produits. En effet, parmi les communes membres de la CCHL, Nages (Tarn) a déjà fait construire sa nouvelle salle des fêtes avec du bois scié à La Salvetat-sur-Agout et cette dernière inaugurera, à la rentrée, une micro-crèche elle aussi en bois né, façonné et scié localement. «Nous sommes dans un cercle vertueux de développement durable », s’enthousiasme Francis Cros. C’est la raison pour laquelle, aujourd’hui, d’autres conventions et contrats territoriaux sont en train d’être mis en place, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Auvergne-Rhône-Alpes.