La procédure de décharge de fonctions permet au maire et au président d’intercommunalité de changer de chef de l’administration quasi discrétionnairement. Mais l’élu doit cependant respecter quelques règles (voir notre article Changer le directeur général de la collectivité). La plupart des séparations se déroulent d’ailleurs dans ces conditions.
Mais le cru 2026 semble être différent pour nombres fonctionnaires. Sur la première vague de changements de postes, le SNDGCT constate un nombre plus important de décharges de fonctions et de mobilités par rapport aux précédentes élections de 2020 (qui est moins représentative en la matière en raison de la crise du Covid) et à 2014 (année plus pertinente pour une comparaison).
Il constate également davantage de «situations non conformes au droit significatives » selon les mots de la présidente du syndicat Hélène Guillet, DGS au centre de gestion de Loire-Atlantique. Celle-ci évoque même une «violence ressentie » par les agents débarqués avec «des humiliations, une mise à mal des fonctions, du harcèlement pour faire partir, des agressions verbales… ».
On retrouverait ces situations problématiques essentiellement dans les communes et communautés de moins de 20000 habitants (l'ensemble de la strate concernée représente environ 5000 communes et moins de 700 EPCI). «Les chiffres en volume ne sont pas colossaux mais parlants. Par exemple, depuis mars 2026, le syndicat apporte du soutien psychologique à 41 personnes contre seulement 6 en 2025 à date », détaille-t-elle.
Le SNDGCT a reçu 195 demandes de conseils juridiques (80 liées à une fin de détachement sur emploi fonctionnel et 16 fins de détachement ayant abouti). Il a accompagné 116 personnes pour une médiation (71 en situation ou risque de fin de détachement, 20 pour dégradation des relations de travail).
Le syndicat n’avance aucune explication particulière : «est-ce de la méconnaissance des règles, les réseaux sociaux, le mouvement général d’évolution des rapports aux gens, au travail ? En tout cas, ce sont rarement des affaires personnelles. Peut-être aussi que nous identifions mieux ces situations », suggère Hélène Guillet.
Les chiffres ne sont pas encore consolidés et seront qui plus est complétés par la seconde vague de changements de poste qui a traditionnellement lieu à l’automne suivant les élections. Mais d’ores et déjà le SNDGCT compte accentuer la prévention en travaillant avec les élus à travers leurs associations ou intuitu personae en local.