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septembre 2022
Emploi Fonction publique AMF

Pallier les problèmes de recrutement dans les collectivités 

Lors du congrès de la Fédération nationale des centres de gestion (7 au 9 septembre à Marseille), les élus locaux ont fait part de leurs difficultés à attirer des candidats vers la fonction publique territoriale. Plusieurs études confirment ces tensions. Quelques pistes pour renverser la tendance ont été évoquées.  

Bénédicte Rallu, à Marseille
Illustration
© BR pour Maires de France
Congrès national de la FNCDG, 7 au 9 septembre 2022 à Marseille
Recruter dans les collectivités devient de plus en plus dur. Les élus locaux spécialisés dans les ressources humaines territoriales ont partagé ce constat à Marseille du 7 au 9 septembre, lors du congrès de la Fédération nationale des centres de gestion (FNCDG). Ces structures départementales, dirigées par des élus, accompagnent les collectivités dans la gestion de leurs ressources humaines et anticipent leurs besoins en la matière. «La question aujourd’hui est bien de démontrer notre capacité à attirer et à fidéliser les agents », a posé Michel Hiriart, président de la FNCDG en préambule de la rencontre. 

Aujourd’hui, le marché de l’emploi se tend aussi bien dans le secteur privé que dans le public. Les problèmes d’effectifs dans les crèches, pour la surveillance des baignades et des piscines, le manque de chauffeurs de bus pour les transports scolaires ont fait la une de l’actualité ces derniers mois. Dans cette course, la fonction publique territoriale manque cruellement d’attractivité, malgré les 244 métiers différents qui la composent. 

La ville de Marseille en est un bel exemple. Avec ses 12000 agents, sa nouvelle équipe municipale, sa réorganisation interne, son nouveau projet d’administration, la deuxième ville de France est redevenue «attractive » sur le plan de l’emploi. Elle peine pourtant à trouver des compétences en instruction du droit des sols, en commande publique, en informatique, etc. Plus de 1000 postes sont ouverts actuellement…
 

Secrétaire de mairie, métier le plus en tension

La situation dans les collectivités rurales apparaît encore plus compliquée. La dernière édition du panorama de l’emploi territorial, diffusé par la FNCDG et l’Association nationale des directeurs de centres de gestion lors du congrès, confirme que le métier le plus en tension est celui de secrétaire de mairie, devant celui d’animateur-enfance jeunesse et celui d’assistant de gestion administrative. Un peu plus loin dans le classement, on trouve aussi à la sixième place le métier d’agent de service polyvalent en milieu rural et à la neuvième celui d’agent des interventions techniques polyvalent en milieu rural. 

La tendance ne va pas s’arranger, selon cette étude, car les difficultés de recrutement vont être amplifiées par un autre phénomène. D’ici à 2026, 24 % des secrétaires de mairie vont partir à la retraite. Après l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalités et ses 26 propositions faites en 2021 pour revaloriser ce métier, le syndicat des directeurs généraux des collectivités territoriales (SNDGCT) qui travaille dans le même sens, le dépôt de plusieurs propositions de loi, le Sénat vient de lancer une mission sur le sujet.
 

Bataille de communication 

Outre les départs à la retraite, les transitions (écologique, énergétique, numérique…) auxquelles sont confrontées les collectivités redéfinissent également les tendances et donc les besoins. Une étude de mars dernier sur les métiers 2030 de France Stratégie et de la Dares dévoile que les secteurs qui recruteront au début de la prochaine décennie percuteront également les besoins des collectivités par exemple dans le secteur médico-social, le BTP, pour les cadres, les employés administraifs, ou encore dans l’informatique. Cette compétition a même déjà commencé si l’on regarde le nombre d’offres d’emplois publics dans le secteur numérique (environ 10% fin août). 

En janvier 2022, le rapport sur l’attractivité de la fonction publique territoriale faisait le même constat et 27 recommandations pour tenter de changer les choses, en travaillant notamment auprès des jeunes. Lors du congrès de la FNCDG, le message était clair : «Il faut donner envie de devenir fonctionnaire. Avec 244 métiers, la FPT est attractive. Mais il y a une vraie bataille à mener, c’est celle de la communication. Le fonctionnaire bashing a dévalorisé la fonction publique. Il faut, dans cette société, valoriser ceux qui s’engagent pour les autres », a résumé François Deluga, président du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT). Et c’est devenu possible, car la «crise du Covid a rendu audible » un tel discours en montrant le rôle essentiel joué par les collectivités, les élus et les agents lors de cette période, estime-t-il.
 

Comités locaux de l’emploi public

Aux élus employeurs territoriaux maintenant de porter ce message. Dans cette entreprise, ils ne sont pas seuls. Car la fonction publique comporte trois secteurs : l’Etat, l’hôpital et les collectivités. Et les trois versants rencontrent les mêmes difficultés pour attirer les candidats vers la fonction publique. L’Etat, par la voie de la directrice générale de la fonction publique, Nathalie Colin, également présente à Marseille, a d’ailleurs annoncé que les plateformes régionales d'appui interministériel à la gestion des ressources humaines (PFRH) des services de l’Etat s’ouvriraient davantage aux employeurs territoriaux et hospitaliers «pour travailler sur ces enjeux communs d’attractivité de la fonction publique et de fidélisation. Nous mettrons en place des comités locaux de l’emploi public avec les centres de gestion et les antennes locales du CNFPT pour partager et construire ensemble des parcours de carrières sur des bassins de vie » pour les agents publics. L’idée d’une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEEC) à l’échelle d’un bassin local n’est pas complètement nouvelle puisqu’elle avait déjà été évoquée lors des travaux préparatifs à la loi pour la Transformation de la fonction publique de 2019, mais elle n’avait pas encore été mise en œuvre.

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