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Maires de France
Solutions locales
octobre 2019
Social

Un revenu minimum pour aider les plus défavorisés

Grande-Synthe (23 634 habitants) expérimente le "minimum social garanti" destiné aux habitants dont le revenu mensuel est inférieur à 855 euros par mois.

François LECOCQ
Illustration
Les bénéficiaires du minimum social garanti font l'objet d'un accompagnement coordonné (évaluation de leur situation, soutien dans leur démarche, gestion du budget…).
Damien Carême a marqué la politique locale durant ses trois mandats de maire de Grande-Synthe (Nord) avant d’être élu député européen, le 26 mai et de céder, comme convenu, son écharpe tricolore à Martial Beyaert, son premier adjoint. Dans la lignée de son père René (maire de 1971 à 1992), il n’a cessé d’innover, notamment dans le domaine social et de l’écologie. Lors de la cérémonie des vœux en janvier, il annonçait une mesure phare du mandat, adoptée en mars par le conseil municipal : la création du minimum social garanti (MSG). «La double montée du nombre de demandeurs d’emploi et des travailleurs pauvres est un signal très clair : il nous faut penser autrement notre rapport au travail, au revenu et à l’emploi », lance-t-il. Il s’agit d’une aide sociale qui s’adresse aux Grands-Synthois résidant dans la commune depuis au moins trois ans et dont les revenus par foyer sont inférieurs à 855 euros par mois. Ce qui correspond au seuil de pauvreté, le revenu médian à Grande-Synthe s’élevant à 1 710 euros. «Actuellement, 17,2 % de la population sont concernés par le MSG, soit 3 700 personnes », précise-t-il. 
Facultatif et limité dans la durée, ce dispositif implique que les bénéficiaires potentiels entreprennent une démarche auprès du centre communal d’action sociale et de la maison de l’initiative de la ville pour bénéficier d’un accompagnement et d’une prise en charge. 

415  ménages sont déjà inscrits dans le dispositif depuis septembre, contre 385 début mai.

Le but est que les plus défavorisés ne subissent plus l’angoisse permanente qui les empêche de sortir de la misère, d’être constamment dans la gêne afin de leur prouver que des solutions existent. « Cela suppose qu’ils viennent consulter régulièrement le CCAS et les services sociaux, suivent les orientations et conseils donnés lors de ces entretiens et veillent à ce que les dépenses liées au MSG correspondent aux champs de l’action sociale des familles : logement, éducation-formation, recherche d’emploi, mobilité, dépenses professionnelles ou administratives », poursuit l’élu. La fréquence des entretiens dépend des situations de chaque bénéficiaire, l’objectif étant de suivre au plus près l’amélioration de sa situation socio-économique.

Un financement innovant
L’accompagnement social est coordonné par les assistants du CCAS chargés de faire une analyse globale de la situation de chaque foyer concerné. L’objectif est de prendre en compte les besoins exprimés dans les domaines suivants : insertion professionnelle, santé, logement, alimentation, éducation, gestion budgétaire, désendettement… Début septembre, 415 ménages étaient inscrits dans le dispositif, contre 385 début mai. 
Le financement du MSG, dont le coût de mai à décembre 2019 est évalué à 1,4 million d’euros et entre 2 et 2,2 millions d’euros pour une année pleine, est assuré à hauteur de 1,25 million d’euros par le budget d’action sociale de la ville qui s’élève à 3 millions d’euros en fonctionnement. 200 000 euros supplémentaires proviennent d’une réaffectation partielle des aides facultatives (alimentaire, soutien aux loyers) ou du soutien aux migrants. En sachant que des économies de dépenses d’énergie, notamment grâce à la mise en place d’éclairages led pour le stade de foot, permettent d’affecter 476 000 euros provenant d’autre ligne budgétaire. 
Une preuve que la politique sociale peut être en partie financée par des innovations dans le développement durable, alors même que Grande-Synthe se classe au 27e rang des villes les plus pauvres de France, avec 60 millions d’euros de recettes de fonctionnement. 

 www.ville-grande-synthe.fr/minimum-social-garanti/

Un revenu de transition  écologique
Favoriser une société plus durable et solidaire, telle est l’ambition du revenu de transition écologique (RTE) lancé en mai par la commune nordiste. Porté par la Fondation suisse Zoein qui en est à l’origine, le RTE est une aide financière (cumulable avec le minimum social garanti) et un dispositif d’accompagnement destinés aux personnes ayant une activité à impact socio-­écologique. «Un genre d’incubateur pour repérer et soutenir les expérimentations porteuses de solutions pour la planète et la société », précise Damien Carême. Premier du genre en France et géré par une Société coopérative d’intérêt collectif, il dispose d’un ­budget initial de 30 000 € en sachant que ses initiateurs (ville de Grande-Synthe et Fondation Zoein) cherchent d’autres soutiens financiers. Avis aux bienfaiteurs. 
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Cet article a été publié dans l'édition :

n°372 - octobre 2019
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