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novembre 2020
Santé

Covid-19 : les crèches confrontées à une baisse de leur activité

Le soutien de la CNAF donne aux communes une bouffée d'oxygène jusque fin 2020. Mais rien n'est assuré à plus long terme si l'activité diminue.

Emmanuelle STROESSER
© Adobestock
Selon l'AMF, la moindre fréquentation des crèches doit être un « point de vigilance ». Si elle persistait, cela nécessiterait de revoir le financement des modes de garde.
Les communes disposant d’une crèche, d’un multi-accueil, d’une halte-garderie ou d’un relais d’assistantes maternelles soufflent depuis le 6 octobre. La CNAF leur a annoncé la poursuite du versement des aides exceptionnelles pour compenser les places inoccupées en raison de la covid-19. Celui-ci devait s’arrêter fin septembre. Le conseil d’administration a reconduit les aides jusqu’au 31 décembre. Elles concernent les crèches et maisons d’assistantes maternelles (MAM) «fermées en partie ou totalement » en raison de l’épidémie. Que ce soit dans le cadre d’une fermeture administrative (depuis le 1er septembre) ou qu’il s’agisse de places inoccupées parce que les enfants sont «cas contact » (depuis le 1er octobre). Les montants des aides versées restent de 27 euros par jour et par place dans les crèches employant du personnel de droit public, de 17 euros dans celles de droit privé, et de 3 euros dans les MAM.

Des raisons multiples

L’application des consignes sanitaires (une nouvelle version du guide ministériel pour les modes d’accueil 0-3 ans a été mis en ligne sur le site www.amf.asso.fr) amène surtout à des fermetures partielles plutôt que des fermetures totales de structures. Ce sont des personnels ou des parents qui sont atteints. L’activité des crèches est en baisse et cela risque de durer. Il est pourtant encore difficile d’avoir une photographie claire de ces variations d’activité. La CNAF devait récupérer, en septembre, des informations précises auprès des gestionnaires. Il faudra donc attendre leur dépouillement. 
Les élus constatent dès à présent des changements d’attitude des parents. Notamment la réduction des contrats signés avec les crèches (qui précisent le nombre d’heures pendant lesquelles l’enfant est gardé) ou la désinscription de leurs enfants. Les raisons sont multiples : chômage partiel, perte d’emploi, télétravail, choix d’un autre mode de garde, voire déménagement (le cas est plus fréquent dans les grandes villes). Ces tendances restent à vérifier. Mais c’est un « point de vigilance » sérieux pour l’AMF, souligne Élisabeth Laithier, adjointe honoraire au maire de Nancy (54) et « experte-référente petite enfance » de l’AMF. Car « si ce phénomène ne reste pas marginal et s’installe dans le temps, cela nous causera de gros problèmes ». Cela affecterait plus durablement l’équilibre économique de ces modes de garde et obligerait, peut-être, « à repenser le modèle », estime-t-elle. 
Cette moindre activité ne permet pas de réduire les listes d’attente en offrant des créneaux à des parents dont les enfants n’ont pu être admis faute de place. « Ce serait trop simple », répond l’élue. Faut-il craindre à terme une réduction de l’offre de places en crèches ? L’hypothèse n’est plus forcément farfelue. L’année électorale conjuguée à la crise de ces derniers mois retarde en effet d’autant la création de nouvelles places. Environ 30 000 étaient prévues entre 2018 et 2022. Seule la moitié de cet objectif pourrait être atteint, selon les prévisions actuelles. 

Masques transparents ou pas ?
Orléans (45), Versailles (78), Bordeaux (33), Nice (06), Montigny-le-Bretonneux (78), l’agglomération roannaise (42), plusieurs collectivités commencent à tester des masques dits «inclusifs » (avec une partie transparente) pour leurs agents. L’initiative intrigue autant qu’elle divise. « J’ai peur que cela effraye plus qu’autre chose », glisse une élue. Mais d’autres soulignent que ces masques laissant voir la bouche s’imposent pour les professionnels au contact de ­personnes malentendantes ou sourdes. En revanche, leur coût font peur. À titre indicatif, un masque inclusif coûterait 10 euros l’unité… Les rares fournisseurs seraient déjà quasiment en rupture de stock.
 

Cette article a été publié dans l'édition :

n°384 - Novembre 2020
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