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avril 2021
Administration générale

Justice : une mission pour améliorer les relations avec les élus locaux

Adeline Hazan, ancienne maire de Reims (51), est chargée par l'Inspection générale de la justice de formuler des propositions, d'ici fin avril. Par Xavier Brivet

© CGLPL
Rapprocher la justice des élus : tel est, en résumé, l’objectif de la mission confiée par l’Inspection générale de la justice (IGJ), dont elle est membre, à Adeline Hazan, magistrat et ancienne maire et présidente de la communauté d’agglomération de Reims (51), de 2008 à 2014. À sa demande, une visio-conférence s’est tenue, le 12 mars, à l’AMF, avec une quarantaine de maires et présidents d’associations départementales (AD) de maires. L’occasion pour Adeline Hazan de recenser les observations et propositions des élus et de leur soumettre d’ores et déjà des propositions susceptibles de figurer dans le rapport qu’elle rendra fin avril. « Je pense qu’il faut adapter la justice aux spécificités locales, impliquer davantage les magistrats dans la connaissance du territoire de leur ressort et renforcer le dialogue avec les élus », a-t-elle indiqué d’emblée.
 

« Il faut davantage impliquer les magistrats dans la connaissance du territoire de leur ressort. »
 
Les élus ont largement partagé ce point de vue. « Il faut favoriser une meilleure fluidité de l’information entre les maires et les autorités judiciaires et adapter l’organisation de la justice à la structuration de certains dispositifs territoriaux comme les quartiers de la politique de la ville », a estimé Marie-Claude Jarrot, maire de Montceau-les-Mines et présidente de l’Association départementale des maires de Saône-et-Loire. « Il faut informer les maires de l’existence des dispositifs et structures partenariales existantes avec la justice car beaucoup les ignorent », a souligné Isabelle de Montgolfier, maire de Saussines (34). Adeline Hazan a interrogé les élus sur la mise en place (ou pas) d’un « conseil de juridiction ». Co-présidé par le président du tribunal judiciaire et le procureur de la République, cette instance, créée par la loi du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle, est un lieu d’échanges et de communication entre la juridiction et la commune, auquel des maires et des représentants d’associations participent.
 

Conseil de juridiction

«  Nous en avons un et c’est un lieu d’échanges très utiles avec les différentes juridictions », a souligné Gérard Fillon, maire de Beurey-sur-Saulx et président de l’AD des maires de la Meuse. Plus sceptique, Jean-Pascal Thomasset, maire de Nantua (01), a indiqué qu’un « conseil de juridiction existe bien mais cette instance, comme l’audience solennelle de rentrée, se réunit une fois par an et n’est pas adaptée aux attentes des élus. Les maires ont besoin de rencontrer régulièrement tous les acteurs de la justice, ils ont besoin que les magistrats les aident à comprendre le vocabulaire et les procédures judiciaires, qu’ils leur expliquent comment réagir face à telle ou telle situation ». Plusieurs élus ont souligné l’intérêt des conseils locaux et intercommunaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD, CISPD) pour le partage de l’information, tout en pointant les limites de ces instances dans l’échange concret et régulier avec la justice. Les élus ont en tout cas unanimement souhaité que ce partage se borne à l’échange d’informations « utiles » pour eux, rejetant la possibilité d’un libre accès des maires aux fichiers nominatifs, susceptible d’engager leur responsabilité.    
 

Adapter le maillage judiciaire
Adeline Hazan a d’ores et déjà dévoilé quelques propositions qui devraient figurer dans son ­rapport, fin avril : la généralisation des conseils de juridiction « dont un rapport d’activité serait présenté lors de l’audience de rentrée des juridictions », le renforcement de la présence des magistrats au sein des CLSPD et CISPD, « l’invitation des procureurs à présenter et expliquer aux élus leur politique pénale, sans que cela porte atteinte à leur indépendance », « la possibilité pour les élus de présenter aux magistrats leurs projets de territoires et de leur fournir tous les indicateurs utiles » afin « d’adapter dans la mesure du possible » le maillage judiciaire au maillage administratif et institutionnel. 

Cet article a été publié dans l'édition :

n°389 - AVRIL 2021
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