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Maires de France
Solutions locales
mars 2021
Développement économique

Angers soutient la création d'une plate-forme d'e-commerce

Environ 230 commerçants, tous secteurs confondus, utilisent www.angers shopping.com, soutenue notamment par la commune et la métropole (Maine-et-Loire, 293 701 habitants). Par Frédéric Ville

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© Wishibam
Les Angevins sont livrés par une entreprise locale, les autres clients par La Poste.

 " Être présent sur le web est essentiel aujourd’hui, analyse Stéphane Pabritz, adjoint au maire d’Angers chargé du commerce. L’équipe municipale s’est donc rapprochée de l’association de commerçants du centre-ville « Vitrines d’Angers » pour créer, en mai 2020, la plateforme www.angersshopping.com. Objectif : réunir les commerçants de la ville d’Angers sur un seul et même site marchand. « Le premier confinement a accéléré la mise en place », souligne l’élu. La plateforme permet en effet aux Angevins de renouer avec leurs boutiques de proximité et elle aide les commerçants à se relancer en cette période de crise. www.angersshopping.com fonctionne comme toute plateforme de commerce en ligne, avec moteur de recherche, synchronisation des données, commandes et paiements en ligne.
Plus de 90 000 produits sont en vente sur la plateforme à laquelle 230 commerçants se sont inscrits, pour un chiffre d’affaires global de 764 000 € entre mai 2020 et mi-janvier 2021. Les Angevins sont livrés par une entreprise locale, les autres clients par La Poste. La société Wishibam a réalisé la plateforme pour le compte des Vitrines d’Angers. «Wishibam accompagne les commerçants à la mise en place du système : gestion des stocks, fonctionnement de l’outil informatique, matériel nécessaire, etc. », explique ­Stéphane Pabritz.

90 000 produits sont en vente sur la plateforme www.angersshopping.com

Pour simplifier le travail du commerçant, « celui-ci n’a qu’à fournir un code-barres, le nom de l’article. Les algorithmes retrouvent ensuite les photos et le descriptif sur le net », ­précise Dominique Gazeau, président des Vitrines d’Angers. L’association de commerçants porte le projet, la ville le subventionne à hauteur de 130 000 € et Angers Loire Métropole à hauteur de 80 000 €, le tout sur quatre ans, la région ajoutant 100 000 €.

Jouer la proximité

Concurrencer les géants de la vente en ligne est nécessaire. Sinon, « ce serait se priver d’une partie des ventes, peut-être jusqu’à 20-25 % à terme pour certains. La génération des moins de 30 ans n’achète quasiment que comme cela », assure Dominique Gazeau. En outre, les commerçants peuvent se démarquer avec la vente de produits locaux ou singuliers. Pour Stéphane Pabritz, « la plateforme numérique agrandit le potentiel de vente, en jouant la proximité ». Pour certains internautes, elle constitue un show-room avant essai et achat éventuel en magasin. Le client peut aussi acheter en dehors des heures d’ouverture du magasin. Cependant, seuls 15 à 20 % de commerçants ont intégré le site. « Parfois, une marque que nous vendons nous l’interdit (Nike pour moi), indique ­Dominique Gazeau. Beaucoup de franchisés n’ont pas le droit non plus, d’autres ont déjà un site internet, mais c’est du travail et cela coûte cher pour être bien référencé. Dans ce contexte, la plateforme e-commerce est un bon compromis. Enfin, d’autres se contentent de leur magasin physique : ils ont tort. » En avril, la plateforme, gratuite jusqu’ici, sera payante : 5 % du chiffre d’affaires HT, avec une cotisation mensuelle de 15 € qui sera prise en charge par la ville et la métropole pendant deux ans. « Avec la prochaine communication sur les commerces de proximité portée par les Vitrines d’Angers et la ville, on devrait vite tripler le chiffre d’affaires », anticipe Caroline Journo-Baur, fondatrice de Wishibam. La promotion de la plateforme devra aussi se faire sur les réseaux sociaux et dans les magasins (kits marketing) pour engranger des retours. Une carte de fidélité avec cumul de points, à dépenser en magasin ou pour payer des services proposés par la ville, sera lancée d’ici ce printemps. 
 

L'État soutient les projets
De nombreux territoires, parfois en partenariat avec les associations de commerçants et les CCI, initient des plateformes e-commerce (1). Un référencement des solutions numériques est disponible sur le site www.clique-mon-commer ce.gouv.fr/ Par ailleurs, le gouvernement a intégré dans son plan de relance, via l’Agence nationale de la cohésion des territoires, un soutien aux communes qui se lancent dans l’e-commerce (aide directe, aide à l’ingénierie, recrutement d’un manager de centre-ville) www.economie.gouv. fr/plan-numerisation-commercants#
(1) (Lire Maires de France n° 387 de février 2021, pp. 26-27).
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Cet article a été publié dans l'édition :

n°388 - MARS 2021
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