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Maires de France
Solutions locales
mai 2021
Environnement Sécurité - sécurité civile

Une fourrière départementale dans la Nièvre

Plus de 300 communes sollicitent régulièrement le refuge de Thiernay pour la prise en charge des chiens et des chats mais également dans le cadre de situations spécifiques. Par Thierry Guerraz

© Défense et Protection des Animaux de la Nièvre et du Centre

 « Certificat de connaissance » rappelant les obligations de soins et de vaccination et les coûts liés à la possession d’un animal, durcissement des sanctions contre la maltraitance (3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour la mort d’un animal) : le Parlement examine actuellement une proposition de loi visant à renforcer la lutte contre la maltraitance animale. Une préoccupation qui anime au quotidien le refuge départemental de Thiernay, situé sur la commune de La Fermeté (58). Ouvert depuis 1973 et géré par l’association Défense et protection des animaux de la Nièvre et du Centre, en lien avec l’Union amicale des maires de la Nièvre, il s’est développé au fil des années au point de compter désormais 10 employés. Avec un objectif constant : accompagner les communes du département : « Elles jouent un rôle essentiel dans notre budget. Les 306 mairies adhérentes règlent chacune une cotisation annuelle à raison d’1,2 euro par habitant. En contrepartie, cette cotisation leur donne droit à différents services », précise Julien Graillot, directeur du refuge de Thiernay.
 

1,2 euro par habitant
C’est le montant de la cotisation annuelle acquittée par les mairies adhérentes au refuge.
 

Médiation et protection

La fourrière départementale répond aux sollicitations des élus. Les maires signalent chats et chiens abandonnés et non identifiés, les tiennent dans un périmètre déterminé en attendant que le personnel du refuge vienne les récupérer. Cela répond à une obligation des mairies de ne pas laisser divaguer des animaux sur la voie publique (art. L. 211-22 du Code rural). Chaque année, plus de 200 chiens et chats, perdus et pris en charge par la fourrière animale, retrouvent leurs propriétaires et d’autres sont adoptés. La fourrière animale dispose de locaux dédiés aux animaux errants leur permettant d’effectuer leur quarantaine sanitaire dans le respect des normes vétérinaires et légales. Le refuge de Thiernay propose aussi, depuis 2018, un service de « fourrière sociale », qui permet l’accueil des animaux de personnes décédées, hospitalisées ou incarcérées. Ce service « évite aux communes de devoir faire le tour des refuges et de perdre beaucoup de temps car les places se font rares », explique Julien Graillot. Les maires peuvent aussi solliciter le refuge dans des situations spécifiques. Ce fut notamment le cas à Saxi-Bourdon (312 habitants). Le maire, Jean-Louis Commaille, a dû intervenir auprès de propriétaires dont les 12 chiens provoquaient des troubles de voisinage : « Je suis allé parlementer sept à huit fois, sans succès. Souhaitant régler cette affaire à l’amiable, je me suis alors tourné vers le refuge de Thiernay qui a su faire preuve d’une grande psychologie en convainquant les propriétaires que la meilleure solution consistait à placer les chiens en refuge. Leur travail a été remarquable. » Au fil du temps, le refuge de Thiernay a constaté, après examens médicaux des animaux, une dégradation de leurs conditions de vie. Et les enquêtes de maltraitance, en lien avec les forces de gendarmerie, ne cessent hélas de croître dans la Nièvre comme partout ailleurs. De 150 en 2013, elles sont passées à 300 en 2020 avec, pour conséquence, une vingtaine de dépôts de plaintes. « Il ne s’agit plus seulement d’accueillir des animaux mais de les “ réparer ” physiquement et moralement au vu de ce que beaucoup ont subi », reconnaît Julien Graillot. La proposition de loi renforçant leur protection, adoptée le 29 janvier par les députés et en instance d’examen au Sénat, est ainsi pertinente, même si l’une des dispositions, posant l’obligation pour chaque commune ou EPCI de disposer d’une fourrière ou d’un refuge, doit être, selon les élus, adaptée aux réalités locales. Ce texte prévoit également de rendre obligatoire la stérilisation des chats errants (lire ci-dessous).
 

Nevers lutte contre les chats errants
Face à la prolifération des chats errants, Nevers, en partenariat avec le refuge de Thiernay, a effectué, début 2021, une campagne d’identification et de stérilisation des félins. Trois agents du service hygiène et salubrité, formés à l’approche et au comportement animal, ont procédé à leur capture. Après examen avec du matériel adapté et homologué, ceux qui n’ont pu être identifiés ont été stérilisés ou castrés avant d’être ramenés et relâchés à l’endroit où ils évoluaient, à l’exception des chats souffrant de maladies incurables. Près de 80 chats ont ainsi été pris en charge. Une opération coûteuse : la stérilisation d’un chat coûte en moyenne autour de 100 euros ! 

 

En savoir +
www.refuge-thiernay.com/ Tél. 03 86 58 41 44

Cet article a été publié dans l'édition :

n°390 - MAI 2021
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