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Maires de France
Solutions locales
juin 2021
Écoles, éducation, alimentation Ruralité

Une épicerie en libre-service à Paulmy

Ce petit village (232 habitants, Indre-et-Loire), sans commerce, a créé cet équipement qui ne vend que des produits locaux. Par Emmanuel Guillemain d'Echon

Illustration
© Mairie de Paulmy
Ce pourrait bien être une solution pour redynamiser tous les petits villages de France, tout en donnant un coup de pouce aux agriculteurs : l’épicerie en libre-service mise en place à Paulmy, en 2019, pile un an avant le premier confinement, a permis de réimplanter un commerce dans ce petit village qui propose uniquement des produits locaux. « Depuis la fermeture du bar-restaurant en 2011, nous n’avons plus de commerce. Quand j’étais adjoint, entre 2001 et 2008, nous avions trouvé un gérant pour ouvrir une supérette, mais ce n’était pas rentable, il n’est resté qu’un an », explique le maire, Dominique Frelon. Artisan charpentier et couvreur, il a construit, quelques années plus tard, une baraque chez un producteur de jus de fruits du coin, pour y abriter des casiers automatiques de vente directe. C’est ainsi que lui est venue l’idée de faire la même chose sur sa commune, une fois élu maire en 2014, « avec toujours l’idée de travailler avec des producteurs locaux ».
 

Production locale

Le principe de ce commerce en libre-­service, sans vendeur ni gérant, est simple : les 133 casiers, dont la moitié sont réfrigérés, sont remplis par les producteurs avec des produits à l’unité ou en petit nombre – six œufs, une boîte de rillettes, du jus de fruits. Le client entre, paie à la machine avec une carte bancaire en indiquant le numéro du casier, qui s’ouvre : il n’y a plus qu’à récupérer ses achats à l’intérieur. Tout ce qui est vendu est produit dans un rayon de 6 kilomètres (sauf pour les jus de fruits) : fruits, légumes, fromages de chèvre ou de vache, farine et pâtes artisanales, viande de bœuf, de porc, volailles, œufs et terrines, pâtisseries, etc. Le pain est fourni trois fois par jour par un boulanger du coin, dans un distributeur à part qui, lui, accepte la monnaie. « L’épicerie apporte un réel service à la population de notre commune », explique l’élu, surtout aux personnes qui ne peuvent pas se déplacer, car le premier boulanger est à 6 kilomètres, et le premier supermarché à 12 kilomètres. Mais elle est aussi très appréciée des gens de passage : « Nos gîtes ont largement consommé en période estivale, certains passaient même directement leurs commandes aux producteurs, qui livraient dans les casiers », constate le maire qui ajoute que les horaires d’ouverture, bien plus larges qu’une épicerie classique, conviennent aussi aux travailleurs puisqu’elle est ouverte sept jours sur sept, de 6 heures à 23 heures.
Le succès a vite été au rendez-vous, avec près de 50 000 € de chiffre d’affaires la première année, puis une hausse liée à la crise sanitaire : plus de 83 200 € pour le deuxième exercice, d’autant que le format de l’épicerie répond parfaitement aux nouveaux impératifs sanitaires. La mairie a mis la main à la poche pour racheter le bâtiment du bar pour 65 000 €, le remettre aux normes (29 600 €), et l’équiper d’une chambre froide (6 160 €).
 

Montage financier

Pour le reste, six producteurs se sont associés en SAS pour porter le projet et acheter les casiers (57 800 €, financés aux deux tiers par des aides du conseil régional et du programme européen Leader). Ce sont eux aussi qui se relaient pour livrer les produits, ce qui leur permet d’avoir un point de vente local sans perdre trop de temps. Après avoir racheté 40 casiers juste avant le confinement, « ils veulent en ajouter encore ! », se réjouit Dominique Frelon. Pour l’instant, les membres de la SAS souhaitent attendre les premiers bilans avant de l’élargir. D’ores et déjà, le magasin propose la viande de deux autres éleveurs, un de porcs et l’autre de vaches. La mairie s’acquitte encore de la moitié des charges, puisqu’après une première année gratuite, les producteurs paient désormais 150 € de loyer, pour environ 300 € d’eau, d’électricité et d’abonnement internet et téléphone, nécessaire au fonctionnement des machines.

Revitalisation
Pour le maire, Dominique Frelon, le nouveau commerce a permis de redynamiser le village en créant un « effet mouvement », avec une « hausse de la fréquentation » du bourg. La garderie, ouverte en 2017, d’abord peu ­fréquentée, accueille désormais 15 enfants, et leurs parents sont «contents de ­pouvoir acheter le pain en venant les récupérer ». Pour la mairie, la prochaine étape est la réouverture du bar, sous gestion associative. Les travaux sont bientôt finis et une candidate a déjà manifesté la volonté d’en assurer la gérance au quotidien, alors que le projet de départ était de faire des animations ponctuelles.
En savoir +

Mairie de Paulmy. Tél. 02 47 59 66 64. www.paulmy.fr
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Cet article a été publié dans l'édition :

n°391 - JUIN 2021
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