Le magazine des maires et présidents d'intercommunalité
Maires de France

Pratique
08/10/2026 OCTOBRE 2026 - n°449
Funéraire Marchés publics

Cimetières, équipements funéraires : qui fait quoi ?

La règlementation détermine le champ des compétences et des responsabilités selon le type d'équipements et le type d'opérations.

Par Marie-Hélène Pachen Lefèvre, avocate associée, Ana Nuytten, avocate, Cabinet Seban & Associés
Les services communaux gèrent l'attribution, le renouvellement et la reprise des sépultures, qu'elles soient ou non en concessions funéraires.
© AdobeStock
Les services communaux gèrent l'attribution, le renouvellement et la reprise des sépultures, qu'elles soient ou non en concessions funéraires.
Les maires et les présidents d’établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) assurent la gestion directe des cimetières. La gestion des équipements funéraires (chambres funéraires, crématoriums et sites cinéraires) peut s’exercer en régie ou par la voie de la délégation de service public.  
 

I - Cimetières communaux et intercommunaux

. Création, agrandissement et translation

Les opérations de création, d’agrandissement et de translation des cimetières relèvent de l’initiative des communes ou, lorsque la compétence lui est transférée, de l’EPCI compétent, notamment pour les cimetières intercommunaux (articles L. 2223-1, L. 5215-20 et L. 5217-2 du Code général des collectivités territoriales – CGCT). Cette compétence ne peut être déléguée à un tiers, y compris à un opérateur funéraire habilité.

. Gestion et police des cimetières

La gestion des cimetières relève aussi de la commune ou de l’EPCI compétent. En revanche, le pouvoir de police des cimetières (en vue d’y assurer la décence et le bon ordre) est exclusivement exercé par le maire de la commune d’implantation, sans possibilité de transfert à l’établissement public de coopération intercommunale.

En pratique, la frontière entre les actes de gestion et ceux de police étant délicate, le maire de la commune d’implantation du cimetière en demeure fréquemment le gestionnaire.

. Opérations funéraires et travaux d’entretien

Les opérations relevant du service extérieur des pompes funèbres au sein des cimetières (telles que le transport après mise en bière, les inhumations ou exhumations) sont réalisées en régie ou par des opérateurs funéraires habilités, agissant pour leur compte ou pour le compte de la commune ou de l’EPCI lorsqu’elle ou il a décidé de les organiser dans le cadre d’une délégation de service public.

Lorsque ces opérations sont réalisées en régie, certaines prestations matérielles, notamment les travaux d’entretien du cimetière, peuvent être confiées à des opérateurs dans le cadre de marchés publics (circulaire NOR : INTB9700211C du 12 décembre 1997 relative à la gestion des régies municipales des pompes funèbres).  
 

II - Équipements et gestion

Les cimetières sont composés d’un terrain commun où sont inhumés le corps des personnes ayant droit à l’inhumation au sein du cimetière mais également, lorsque leur étendue le permet, de terrains consacrés aux concessions funéraires (articles L. 2223-3 et L. 2223-13 du CGCT). Ils doivent également disposer d’un site cinéraire pour accueillir les cendres des défunts dont le corps a donné lieu à crémation (espace aménagé pour leur dispersion ; columbariums).

Les services communaux gèrent l’attribution, le renouvellement et la reprise des sépultures, qu’elles soient ou non en concessions funéraires, et la délivrance des autorisations correspondantes (autorisations d’inhumation, d’exhumation, de placement ou de scellement d’urnes, ou encore d’inscriptions funéraires).

En pratique, il est recommandé au maire d’arrêter un règlement intérieur du cimetière pour en prévoir le fonctionnement, bien que ce dernier reste facultatif.  
 

Les équipements funéraires
1 Chambres funéraires
Elles ont pour objet de recevoir, avant l’inhumation ou la crémation, le corps des personnes décédées (article L. 2223-38 du CGCT). Leur gestion relevant du service extérieur des pompes funèbres, elles peuvent être exploitées par les communes et EPCI compétents ou encore par les opérateurs funéraires dûment habilités par le préfet (article L. 2223-23 du CGCT), dans le cadre d’une délégation de service public ou en dehors de tout lien contractuel avec les personnes publiques compétentes.
2 Crématoriums et sites cinéraires attenants
Ils relèvent de la compétence exclusive des communes et EPCI. Ceux-ci peuvent en assurer la création et la gestion en régie ou, dans le cadre d’une délégation de service public, les confier à un opérateur habilité.
Les opérateurs funéraires ne peuvent ni créer, ni agrandir, ni exploiter un crématorium pour leur propre compte. La création et l’extension des chambres funéraires et des crématoriums sont soumises à une autorisation préfectorale (articles L. 2223-40 et R. 2223-74 du CGCT) et leur fonctionnement doit être encadré par un règlement intérieur.  
3 Chambres mortuaires
Les chambres mortuaires, situées dans les établissements de santé publics ou privés, auxquelles ont accès les opérateurs funéraires habilités, sont gérées par ces établissements (article R. 2223-89 du CGCT).

 

Suivez Maires de France sur

Couverture

Cet article a été publié dans l'édition :

n°449 - OCTOBRE 2026
Retrouver tous les articles de ce numéro :
Les offres d’abonnement
Toutes les éditions
Logo

Maires de France est le magazine de référence des maires et élus locaux. Chaque mois, il vous permet de décrypter l'actualité, de partager vos solutions de gestion et vous accompagne dans l'exercice de votre mandat. Son site Internet, mairesdefrance.com, vous permet d’accéder à toute l'information dont vous avez besoin, où vous voulez, quand vous voulez et sur le support de votre choix (ordinateur, tablette, smartphone, ...).